Petites choses sur Paul.

 

1. C’est la large valse sous l’orchestre désaccordé

Et qui cassera le rythme se retrouvera repoussé.

Pourtant, au-dessus des danseurs,

Le soleil divulgue,

Mais rien n’y fait,

Tout est engourdi,

Enroché autour de la scène.

 

2. Les lignes de ces gens sont nettes.

Leurs courses sont molles,

Mais cela avance suffisamment

Et ne sert qu’à boucher la dent creuse

Dont on se contente pour notre genre.

Valserons-nous longtemps

Sous ces kilomètres de musique

Rabâchées ?

Ni sa croche, ni le silence,

Ni la note ne le dit.

 

3. On croit au doux,

On vit aux brises,

Au fur et à mesure

Que les musiques tombent.

 

4. La danse lasse sous l’air redit,

Elle blesse sous ces concours de pas,

Ankylosée, toute ombre meurt,

La saltation alèse au plus près du cœur.

 

5. L’orchestre est mauvais, 

Mais contente,

Des balcons à la fosse,

Tout est suffisant.

 

6. Qui se mêle à la philharmonique ?

Des chants lointains ?

Quelques paroles dénudées par le passé ?

Le temps clone ce qu’effeuillent les mêmes

Dans cette petite scène

Puisqu’elle se répète.

Publié dans : Non classé | le 6 décembre, 2016 |Pas de Commentaires »

Jour brûlé, jour de bai.

 

 

Plusieurs femmes,

Plusieurs hommes,

L’une va,

L’un sillonne

Et les autres, les plus jeunes,

Devant,

Accroupis ou debout,

Aux pare-éclats de leurs mains cherchent le couloir,

Le fil fin du chemin

Qui prête où l’on voudrait aller.

Ce dimanche 6 décembre 2015,

Beaucoup se sont trompés.

Publié dans : Non classé | le 7 décembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Renaissances.

 

 

Il y a une sorte de teinture blanche

Derrière les feuilles fatiguées d’octobre.

L’automne se creuse par les vents,

Tisse son Kilim.

 

Les pluies sont agressives,

Verticales ; elles ne tombent pas,

Elles appuient sur la terre

En mille tentatives.

 

Mais le soleil,

Comme les frimas, cache à nos regards

L’essentiel pour nous dire ; inventez,

Imaginez, tout ce qui est là est de passage.

 

Tentez par le rêve !

Que de saisons se sont propagées à travers le monde

Et qui par la force d’une froideur soudaine et prolongée

N’a pas offert la beauté des paysages fleuris.

 

Un printemps qui, après la brutalité

Des bises, a su le vent qui charria le sable,

Qui dans une clarté prétendue rendit tout obscur,

Tua les jeunes réceptacles qui sont morts au renouveau.

Publié dans : Non classé | le 23 novembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Lettres de nuit. (Poésies de nuits)

 

LUI.

C’est une nuit d’étau, d’âme limaille,

Aux fenêtres, rien, il n’y a rien dehors

Et les mâchoires serrées,

Les bruits parlent de toi.

 

DES LARMES.

Elles ont dissout la plainte

En attirant le temps

Car il faisait nuit.

 

AUX RIRES.

Ils ont dissout la plainte

En choisissant le temps

Car il faisait nuit.

 

GRIMBOSQ.

La forêt, parfois, entrepose le silence

Et puis des cris d’enfants tapent sur les troncs

Comme des pics verts.

 

BRUNE ET LEVANT.

L’obscurité

En gris courbe

Puis la nuit

En gris s’affaisse.

 

DE HORDE.

L’homme court dans un couloir sombre,

Quelque lucidité l’éclaire,

C’est pour cela qu’il se cogne contre les murs,

Claudique par la faute d’une pierre

Comme une idée, sensiblement plus haute que les autres,

Mais l’homme sait comme il croit savoir,

Obstiné qu’il est, même s’il se trompe,

Surtout s’il le fait

Et déjà lâche les chiens.

 

VOYAGE.

Mon ombre a plus d’éloquence que moi

Surtout quand j’ai un visage de granit

Et le corps tout autant.

Aux vides, j’erre.

 

AUTRE PART.

Ce matin porte le froid,

Le vent est dans sa faiblesse,

Je me souviens

Et c’est cela,

Cet autre monde.

 

DE HAUT.

Ceux qui croient sont perdus,

Ceux qui mènent ne croient pas,

Ceux qui marchent ne croient plus,

Ceux qui meurent le croyaient.

 

PRES D’ELLE.

La lune, pile plate, réfléchit.

On en oublie la poussière des semelles,

Oublie qu’un rêve n’est pas forcément relever la tête,

Regarder loin,

Je la tourne, elle est là

Et cela me suffit.

 

SEVRE DE LARGE ?

C’est la mer,

Etale,

C’est le sublime matin,

D’iode, de feuilles sèches qu’on triture

Pour en dégager les senteurs.

 

Au loin, les voiles boursouflent de tout,

Le vent n’y fera rien

Et tout un songe suffit.

 

Les écueils, les étocs,

Les hauts fonds marins,

La sirène dit le cap,

Tous les éléments parlent d’aller simple.

Publié dans : Non classé | le 16 novembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Hiver.

 

 

Le froid donnait une conférence

Et la neige avait glacé.

Nos empreintes qui avaient de l’âge

Nous emportaient encore

Vers la beauté.

 

Sous les arbres, 

Des herbes brûlées,

Des mousses soulevées,

Saupoudrées de terre,

Un asile d’oiseaux.

Sous les branches-main,

Sous le chêne,

Ses pas.

 

L’hiver sous les flocons,

Leurs nappes dressées,

A un son, une mélodie,

Sans doute un bruit.

C’est une sorte de moteur

Ronflant qui transporte

Le froid de torpeur en torpeur.

Publié dans : Non classé | le 29 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Le temps de la chute.

Plié, Vaincu,

Encastré dans un coin,

Dans toutes les positions du fœtus

Et ne disant mot.

Le corps cimenté,

Fou de peur et prostré,

Contraint et compressé,

Réduit par quelque chose

Qui devait se passer.

Cependant,

Il écoute.

Il écoute une musique.

Mais il entend d’autres,

Chopin ou Satie,

Telemann et Boccherini,

Par les happes du cœur.

Des notes comme des feuilles de fruitiers

Qui patientent et se lâchent

En tombant

Et le temps que dièse la chute,

Elles finissent sur le sol,

Un gravier désolant.

Déplié, il est plein d’attention

Et se faufile dans ce changement.

Mutation d’humain qui, à la fin,

Se demande ce qu’il lui reste d’être.

D’un pli, il se courbe,

Se redresse, se cherche, se quitte,

Se retrouve et les notes, enfin,

Comme des balles et des lames,

Des couteaux, des ciseaux,

Des pieux le transpercent.

Tout,

Enfin,

Sans jamais blesser.

Publié dans : Non classé | le 27 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Les portiers de lumières.

 


 

 

I. Extraits.

 

Le vent condense sur le ciel d’est

Les houppiers

Et des vestiges de nuit

Crient.

 

Peu importe ces plaintes,

Leurs mesures des siècles,

Nous arrachions l’amour

De cet abime-là.

 

II. Demain même jour.

 

Sur de larges calendriers,

Nous écrivons l’incertain

Et sur hier

Des ombres attendent.

 

 

III. sale d’attente.

 

Après ces nuits amples,

Taillées à notre insu,

Piétinant les jours

Larges comme ils nous semblaient

Des  vies.

Après ces froids d’étain

Forant les pores

De nos silhouettes creuses,

Après tout.

Là où les rêves rampent

Dans la clarté,

Des gens attendaient

A notre porte.

 

IV. Quinze saisons froides.

 

Dans le pensionnat sombre

Un enfant attend,

Il n’est pas pétrifié.

 

Nous comprenons encore

Le sens

De ses rires.

 

Et grâce à cela

Nous cueillons

Le jour.

 

V. Le jour malgré tout.

 

Comme à nouveau né,

Je sors de la sorgue,

Cette plante aux crampons

Formant forêt.

 

J’ai des glaires

Dans le cœur

Encore,

Mais le vent

Les convoite.

 

VI. d’un à-pic.

 

Zora regarde d’Arelaune

Le large estuaire

Aux touches changeantes,

Le gré du fleuve,

Les églises végétales

Et les portiers de lumières.

Près du canal de retour,

Zora regarde d’Arelaune.

 

VII. Plus loin qu’Arelaune.

 

L’océan est une dalle.

Les rêves, des graffitis,

Imaginez la suite…

 

VII. Encore plus loin.

 

La vie mord

Puis elle s’édente doucement

Et d’un coup s´appareille

Et poursuit ses entailles,

Ses gravures

Et ses creux.

 

Cloisons et noctambules.

Publié dans : Non classé | le 19 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Les cals.

 

 

Le chahut.

 

Il ne faudrait pas qu’il sente

Que ses souvenirs montent de quelques centimètres

De plus.

Ils ne submergeraient rien de plus que ce qu’ils recouvrent,

Mais la concentration les plaquerait.

 

Cela ourlerait le flux qui planterait les cuisses

Et laisserait les bras du pantin figés.

Deux veines d’arbres, en somme, en surplus sous l’écorce

Dues à ces bises qui poussent des lamelles

Et des plaques glaciales.

Elles incisent  et racinent sous les cals.

Elles gonflent à ce moment ses artères.

 

Il dit ; rien !

Puis il crie les mots,

Mais qui venaient après.

Que la vérité est un insecte phobique,

Qu’il se pose sur des vitres brûlantes,

Qu’il regarde ce monde croyant marcher,

Alors qu’il chahute au bord du précipice.

 

Et ce vide sans fond qui n’en est pas un.

Cet espace sans tissage.

Il faut l’écarteler pour cela,

Pour le voir.

Ça ! Il sait le faire.

 

Le rétroviseur.

 

Je crois me rappeler que c’était en janvier,

La lumière avec la neige  jouait au trampoline,

Quelques nuages donnaient l’élan

Et quelques impulsions.

Nous prenions la route sans nom

Car sans trace.

 

Dans le rétroviseur, les reflets disaient l’avenir

Et sa fin comme une sorte d’écriture

Que nous ne savons pas encore.

Demain savonne hier.

Vice versa.

 

Plus nous rentrions dans notre périple

Plus le dépôt crémait en complexes guipures

Sur les arbres fragiles.

Aux cartisanes de protéger les racines.

 

Et mis à part quelques éclaboussures

De rares maisons, les collines étaient envoûtantes.

C’était un début d’apaisement,

Mais la neige est belle comme un cache-misère.

 

Dans le rétroviseur,

L’ébauche

Des fins.

 

Lasagnes sur ciel.

 

Ce que j’aimai ici ?

Les mots portatifs de la rosée,

Que les toits fumaient sans particularité,

Ce ciel où l’on s’attable,

Les conférences des volatiles

Sans distinction de branches,

Les cals protecteurs des nouvelles racines,

Les rêves limpides et leurs matières.

 

Ce que je n’aimai pas ?

Que je ne vis certains visages

Qu’à travers le combiné du téléphone,

Le manque de pagaille des arbres

Et la terre meurtrie.

 

Le patrimoine du lieu.

 

La maison posait sur une miette.

Autour, les amples mangeurs de gâteaux.

Autre part, ils n’auraient été.

Et le fanatisme des ronces

Qui la défendait.

Sous une noyade de lumière,

L’oxyde de ses tôles

Tremblait.

 

J’avais la clef inutile de la porte principale

Dans la main.

Son bruit dans la serrure fut le début

D’une musique.

Parfois en double canons.

 

Après le parfum de l’immobile,

Des poussières clouées,

Boulonnées pour d’autres,

Les rayons du soleil la désengourdissent.

 

Et je commençais ce livre fait à l’habitude de mes doigts.

Sa couverture prendra les manies de mes mouvements

Et sortie des rangs serrés d’une étagère,

Elle retrouvera les formes de nos vies,

Quelques pliures sous le titre.

 

La maison posait sur une miette.

Autour, les amples mangeurs de gâteaux.

Autre part, ils n’auraient été.

 

 

Décroissant.

 

Déjà les étincelles déclinantes, que la journée fut transparente, aspirée par quelques échos, par ce couloir, usé de surfaces, qui tire le jour à lui. Ce corridor des choses semblables ; hors tout est immense. Et même les chemins de lave boursouflent devant son entrée. Et même quelques plaines et son nordet d’argent qu’entrecoupent les terres mortes depuis peu. Elles mènent à eux. Déjà les brindilles noires et leurs parts de feu. Déjà toi et moi essoufflés comme des porteurs de sel, quelques pas de recul, les secondes contraignantes. Déjà toi et moi comme des porteurs de souffre et quelques empyreumes dans la brise d’orgueil. Déjà quelques replis.

Et nous buttons sur ces racines qui couvent sous quelques centimètres d’humus. Elles suppurent et rejettent, à l’air libre, restent souples, même mortes. Déjà la nuit et ses délires.

Murés dans une gangue d’obscurité, nos jeunes visages au bas d’un escalier sans guide comme des souvenirs épiphytes ; ces mousses perdues que l’on hydrate. Et ceux qui forcent les intimités égarées. Encore cet escalier aux marches en pas-de-rat, aux girons décalés, aux matières différentes. Nos démarches sont hésitantes malgré l’impatience de les revoir. Des visages aussi qui chantent au moins une fois par an encapuchonnés sous un toit de latex. Ils arrachent tout, sans distinction, vous plient les tripes sur lesquelles ils écrivent. Ils broient le froid dans les strates supérieures d’un désert bleuté. De regards en regards, ils coulent. Ils exposent. De cals en racines, juste d’un mot presque neuf, au sommet des objets de tous les jours, mouillé d’un rire, dans une machine à laver de larmes, ils exposent. Des cals, aujourd’hui, il ne reste rien et ses racines pivotent comme un tourbillon se lâche et des extases légères comme des linges indéfiniment sont prises. Le souffle d’un geste suffit à les éloigner.

Aux premières lueurs tendues comme des vessies, à l’heure du départ, nous savons qu’ils reviendront. Reste la manière. Et que descelleront-elles ?

 

 

 

                                                                   Fin.

Publié dans : Non classé | le 7 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

Récréation.

Ce matin, la pluie !

Excroissances des couleurs

Soliloque du gris.

Publié dans : Non classé | le 22 septembre, 2015 |2 Commentaires »

Le choix. (Les séjours cruels).

 

 

I.

Quelle voie !

Ce logogriphe

Sans eau,

Cet assemblage

De détails.

 

II.

Ici,

L’homme est rugueux,

Même si

Le paysage le cerne.

 

III.

Autant que le vent invoqua,

La beauté fut sculptée.

 

IV.

Mes mots ambrent

Et chamarrent

Au soleil.

 

Je retourne

A mon endroit,

L’ombre.

Publié dans : Non classé | le 14 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »
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